Repenser les programmes des partis politiques

Publié le 04 oct, 2009 par gbiron dans Politique

Au Canada et ailleurs dans le monde, les membres des partis politiques s’entendent sur un certain nombre de priorités qui, à leurs yeux, reflètent le mieux les attentes des citoyens qu’ils doivent représenter.

Bien qu’un grand nombre de ces priorités aient le mérite d’adresser de réelles préoccupations du public, il serait illusoire de penser que tous les citoyens puissent être également bien servis par des listes de promesses, plus ou moins floues, classées sous des rubriques engageantes comme « santé », « éducation » et « économie ».

Ces programmes sont conçus pour faire rêver, un peu comme une liste de cadeaux qu’on aimerait bien recevoir.

Dans le cas des promesses des politiciens, les « cadeaux » n’en sont cependant pas vraiment puisque le coût de ceux-ci est assumé —en totalité— par l’ensemble des contribuables et non un tiers qui nous offrirait le tout sans que l’on ait à s’endetter, nous et les générations qui nous suivront.

Ainsi, ce que plusieurs politiciens de carrière ont le talent de nous présenter comme une promesse qu’eux et leur parti s’engagent à réaliser, en entretenant l’impression qu’il s’agit d’une sorte d’acte presque surhumain, n’est en fait qu’une dépense probablement trop couteuse pour nos moyens puisqu’à part de rares exceptions, il faut financer le tout via un accroissement de la dette publique.

Les citoyens ont-ils vraiment besoin de tels cadeaux?

Certes, les politiciens et leurs partis marquent des points dans l’opinion publique en lançant des chantiers et en coupant des rubans rouges mais à quel prix, pour les citoyens?

Vivre selon nos moyens semble impossible au moment où les programmes des partis politiques ressemblent à des catalogues de magasinage… sans les prix. Parfois, il est question de millions mais de plus en plus, on entend parler de milliards. Trop souvent, il s’agit d’une suite apparemment sans fin d’infrastructures, de produits et de services que nous devons « absolument » nous procurer, parole de politicien!

Avec grands trois paliers de gouvernements à surveiller, soit le fédéral, le provincial et le municipal, ce n’est pas surprenant qu’un nombre sans cesse plus grand de citoyens n’arrivent plus à suivre le déluge de dépenses qui sont engagées en leur nom.

Dans les médias, ces dépenses sont rarement présentées comme des dépenses publiques financées par les citoyens mais plutôt des projets issus des programmes des partis politiques qui « réalisent » les engagements pour lesquels leurs électeurs les ont portés au pouvoir. Les membres des partis politiques répètent d’ailleurs sans cesse qu’ils font ce pourquoi leurs électeurs ont voté mais est-ce vraiment le cas?

Combien de citoyens prennent vraiment le temps d’analyser tous les programmes des partis politiques? Et ceux qui le font sentent-ils que leurs besoins, à eux, sont bien répondus?

Poser la question, c’est y répondre: très peu de gens lisent les programmes des partis politiques et la plupart des gens, bien qu’heureux d’entendre de belles promesses ça et là sentent qu’ils sont oubliés, dans tout ça. Fondamentalement, les programmes des partis politiques sont limités alors que les réels besoins des gens sont à la fois infinis et infiniment variés. Comment alors réconcilier les deux?

Selon les Nouveaux démocrates du Québec, il faut repenser les programmes des partis politiques afin que tous les citoyens aient la preuve que leurs besoins ont été adressés.

Pour ce faire, il faut notamment que les programmes des partis politiques cessent d’être le reflet des agendas des lobbys d’intérêts privés qui ont pour objectif avoué de servir (en priorité) des groupuscules plutôt que l’ensemble des citoyens. Il faut aussi mettre fin au court-termisme rampant qui nous empêche systématiquement de faire des choix censés et vraiment rentables, à long terme.

Bien que des élections aient lieu sur une base plus ou moins régulière, aux quatres (4) ans, il faut sortir du piège des choix opportunistes et unilatéralement avantageux pour la classe politico-commerciale dirigeante qui fixe les objectifs pour ensuite les « réaliser » en prétendant qu’il s’agit-là des « besoins des citoyens » alors que dans les faits, rien n’est moins sûr.

Alors, comment un citoyen responsable doit-il réagir lorsqu’il voit les dettes publiques exploser en même temps que les contributions forcées qu’il doit verser pour (tenter de) repayer cette horrible saignée d’argent?

L’action politique citoyenne, comme celle des Nouveaux démocrates du Québec, est un pas dans la bonne direction car, pour l’heure, les citoyens sont tellement silencieux que les politiciens interprètent cette discrétion comme étant un « assentiment tacite » de tout ce qu’ils font, au nom du « peuple ». Évidemment, c’est loin d’être aussi simple mais tant que les citoyens ne prendront pas leur destinée politique en main, d’ingénieux politiciens de carrière s’enrichiront en distribuant « l’argent des autres ».

Les programmes des partis politiques doivent être repensés, de fond en comble, pour refléter les intérêts véritables de tous les citoyens. Par exemple, pourquoi ne pas laisser l’argent entre les mains des citoyens au lieu de les surtaxer pour ensuite utiliser les dizaines de milliards d’une manière tellement malhabile qu’on finit par s’endetter, malgré tout?

Un programme de parti politique responsable ne devrait rien promettre parce que l’argent utilisé est celui des autres et avant de le dépenser, il faudrait toujours s’assurer que l’achat a lieu selon les paramètres les plus rentables pour les citoyens tout en étant « socialement responsable » et ce, envers tous les citoyens.

La preuve que nos élus ne gèrent pas bien nos deniers publics, ils réussissent tous à s’enrichir une fois qu’ils sont élus mais paradoxalement, à chacun de leurs passages, ils trouvent le moyen d’endetter encore plus les citoyens — ce genre de situation ne devrait laisser aucun contribuable indifférent.

Si les politiciens s’enrichissaient en même temps qu’il enrichissent le trésor public, là, ce serait moins suspect!

Ainsi, au Canada, au Québec et dans nos villes, les dettes continuent de s’accumuler et les programmes de partis politiques, eux, continuent d’avoir l’air d’une longue liste de cadeaux.

Il faut repenser les programmes des partis politiques avant que la situation ne s’aggrave encore davantage.