La sincérité, la clé de notre avenir politique
Publié le 30 nov, 2009 par Gabriel Biron dans Politique, Société
Monsieur René Villemure, président de l’Institut Québécois d’Éthique appliquée, nous gratifie encore d’un excellent article sur ce qui est non seulement important mais surtout nécessaire dans notre vision de la politique de l’avenir. Les Nouveau Démocrates du Québec (NDQC) ont justement comme principal mandat de changer notre vision de la politique. Monsieur Villemure nous donne un parfait exemple de ce ‘il faut faire. Bonne lecture. Gabriel Biron
La sincérité est une ouverture de cœur. On la trouve en fort peu de gens, et celle que l’on voit d’ordinaire n’est qu’une fine dissimulation pour attirer la confiance des autres.
Tout au long de l’année nous avons été bombardés par des manchettes sur la corruption dans le monde municipal, sur la collusion dans l’attribution des contrats de construction et sur un possible complot autour du vaccin pour la grippe A (H1N1). Nous avons encore une fois entendu cette année des promesses électorales (au niveau municipal, cette fois, c’était une année impaire…). Pourtant, bien que fortement médiatisés, nous avons été mis devant la difficulté de se faire notre propre opinion parmi les énoncés « vrais-faux », les demi-vérités et la langue de bois utilisés par les acteurs de ces débats. À voir les ressources déployées par certains pour tourner autour du pot, ne serait-il pas plus simple de revoir nos manières de communiquer en y incluant un ingrédient fondamental : la sincérité?
La sincérité est un des fondements de la vie en société. En effet, si nous ne croyons pas que notre interlocuteur fera ce qu’il a dit qu’il ferait, les choses vont mal (en réalité, elles vont comme elles vont en ce moment…) : perte de confiance, perte de légitimité et désintérêt pour la gestion des affaires publiques. Si nous ne croyons pas notre interlocuteur ou les gens qui nous gouvernent, nous serons devant l’obligation de prendre des mesures de contrôle afin de nous assurer que ceux-ci ne nous mentent pas ou qu’ils tiendront leurs promesses. Puis, insatisfaits, ayant toujours des doutes ou l’impression de ne pas avoir eu l’heure juste devant certains des contrôles mis en place, nous exigerons des commissions d’enquête afin de faire la lumière sur ces situations. Il est manifeste qu’une telle manière de vivre est intenable à long terme, toute décision publique étant soupçonnée de ne pas être prise au mieux de l’intérêt public parce que profitant à quelques-uns au détriment du bien commun. C’est pourtant une illustration assez juste de la situation actuelle dans la sphère publique au Québec.
La sincérité vise à réduire ces inconvénients en rendant les communications plus simples et en réduisant la nécessité des contrôles incessants. À l’origine, le mot « sincère » est composé des termes « sem » et « cerus » qui signifient « croître ensemble » ou, si l’on veut, « aller dans la même direction ». La personne sincère doit faire connaître le fond de sa pensée. Au-delà d’une formule de politesse réductrice, la sincérité est assurément le contraire de la langue de bois qui, elle, dissimule la pensée sous une avalanche de mots-valises destinés à tromper ou à faire diversion.
La sincérité doit être comprise comme étant une condition essentielle à la possibilité de faire confiance à nouveau. Avec la confiance renouvelée il sera alors possible de construire des relations et des visions communes sur des fondements solides; la sincérité rendra possible l’acte de penser l’avenir dans le meilleur intérêt de tous.
Enfin, il faut aussi savoir que la sincérité préside d’un désir de s’approcher de la vérité alors que la langue de bois, elle, préfère s’en éloigner. C’est pourquoi dans un monde de plus en plus médiatisé, il faut se rappeler que la sincérité vous mènera plus loin, plus longtemps et plus sûrement que la langue de bois.
Nous croyons fermement dans une approche honnête et sincère de la politique. C’est à nous de forcer le monde politique à changer de méthode. Gabriel Biron


